Dans les coulisses, un marathon infernal !

Ecrit le jeudi 15 décembre 2005 par Laetitia Mauriac, Vincent Royer

Dans l’ombre des pilotes, une dizaine d’hommes vivent chaque semaine un véritable marathon, durant près de deux mois. Lumière sur ceux sans qui rien ne serait possible.


Il est 16h30 jeudi lorsque le camion de la Squadra Fiat, parti le matin même de Toulon, traverse Ax-les-Thermes. A son bord, les deux Fiat Stilo engagées dans le Trophée Andros, et tout le matériel nécessaire au week-end de course.

La nuit tombe déjà et la pluie laisse rapidement la place aux premiers flocons de neige. La montée vers le Pas de la Case, en Andorre, s’annonce difficile. C’est là que le second week-end de course de la saison aura lieu, dans moins de 24 heures.

 Premières difficultés

Très vite, la route se couvre d’un léger duvet blanc, signe des premières difficultés du week-end. Quelques kilomètres plus loin, le camion est stoppé. Laurent, le chauffeur, et l’ensemble des mécaniciens doivent alors monter les chaînes pour tenter d’atteindre le sommet. Peine perdue. Ils réussiront seulement à parcourir 500 mètres avant d’être définitivement bloqués. C’est un chasse-neige qui les tirera jusqu’à une aire de stationnement.

Finalement, en deux heures, le camion aura parcouru moins de 20 kilomètres. Mais déjà, Laurent pense à la montée du lendemain. « J’ai des chaînes forestières qui prennent les deux roues, je vais les mettre pour demain matin. Je pourrais monter ? demande-t-il au conducteur du chasse-neige qui l’a aidé. - Tu dois y être à quelle heure là haut ? lui répond celui-ci. - Il faut monter le matin... - Si tu montes aux alentours de midi, ça ira, explique le conducteur. Mais si tu veux monter demain matin, tu n’y arriveras pas. Si tu n’as pas tout le poids devant, c’est pas la peine ! »

Peu rassuré sur la suite des événements, Laurent analyse. « Là on est arrivé trop tard. Il faut arriver à monter vers midi. Quand on arrive à monter vers midi, c’est bon. Là le soucis c’est que l’on n’a pas assez de poids sur l’essieu, donc ça patine. On ne peut rien faire, il faudrait mettre du poids sur les roues. »

Et du poids, il n’en a pas. C’est donc là, en bordure de nationale, que le camion passera la nuit. Quant aux hommes, c’est épuisés par la route et le manque de sommeil de la nuit précédente, ils n’ont fini la préparation des autos qu’à trois heures du matin, qu’ils regagnent en voiture leur hôtel.

 Le seul à oser prendre le volant dans ces conditions

9h30, le lendemain. Laurent a repris le volant du camion avec l’espoir d’atteindre rapidement le circuit. Exercice délicat. C’est tout en glisse qu’il parcourt les 12 derniers kilomètres. Sur les trois mécaniciens possédant le permis poids lourd dans l’équipe, il est le plus expérimenté et le seul à oser prendre le volant dans ces conditions. Il faut dire qu’après plus de dix ans passés chez Oreca, il n’en est pas à son premier Trophée Andros.

Au sommet, il revient sur les soucis de la veille. « Le problème c’est qu’il y avait beaucoup de travail sur les voitures. Elles ont été finies très tard. Normalement on essaie de dormir à Montpellier le mercredi soir, pour monter à midi. Parce que la clé du succès c’est de monter à midi quand toutes les voitures ont roulé et que la route est dégagée. Après 16h00 en général c’est difficile. Parce qu’à partir de 16h00 il n’y a plus de soleil. La couche de glace sous la neige gèle et le camion patine. C’est pas trop prévu pour.
-  Et ça vous arrive souvent ?
-  Ben ça dépend des années. Il y a des saisons on ne chaîne qu’une seule fois, et puis là ça fait deux courses et deux fois que l’on chaîne. En même temps on ne chaîne plus de la saison après... On ne sait pas. La météo, on ne peut pas la gérer. On la subit et on fait avec. »

 Une journée très longue

Une heure et demie après avoir commencé l’ascension, il faut maintenant s’installer, trouver le bon emplacement pour le camion et réussir à l’y garer. Après de nombreuses manœuvres, le camion est enfin à sa place. Il est 11h30, il reste à tout déballer. La journée promet d’être encore très longue.

« Il y a au moins 5-6 heures de montage, soupire Laurent. Et le problème c’est que quand il fait froid comme ça, qu’il y a de mauvaises conditions, tu mets deux fois plus de temps que si tu montais l’auvent sur un circuit ! Parce que tu avances moins vite, t’as froid... Et avec le froid, le moindre petit détail devient un problème. Tu prévois d’ouvrir la semi-remorque pour commencer à monter, t’arrive et la serrure est gelée. Ca tu ne le vis pas quand t’es à Albi ou ailleurs. Il faut se débrouiller pour dégeler la serrure, t’as perdu un quart d’heure. Après tu veux essayer de mettre en route le groupe mais avec le froid il ne démarrera pas. Ca fait perdre encore une heure. C’est tout ça l’Andros. »

La Squadra Fiat sur le Trophée Andros, c’est une semi-remorque équipée de chaque côté d’un auvent. Le premier qui sert de stand pour l’entretien des autos, le second qui sert de réceptif pour les invités de Fiat et de ses partenaires. Pour leur confort, plancher, moquette, décoration, cuisine, buffet, tables, doivent être installées. Chaque jour de course, c’est environ soixante personnes qui viendront déjeuner et dîner.

Ce jour là, le montage commencé à 11h30, et effectué comme à chaque fois par les mécaniciens eux-mêmes, finira 12 heures plus tard, à 23h30.

 Pas de répit

Le samedi, ce sont donc les mêmes hommes que l’on retrouve à l’entretien et au réglage des autos. Seul moment de répit dans la journée, les quelques minutes durant lesquelles les autos sont sur la glace. Mais quand par malheur celles-ci sont victimes d’accident, comme ce fut le cas ce week-end pour Franck Lagorce, Laurent et son équipe peuvent oublier leur hôtel. Obligés de remettre l’auto à neuf, ils travailleront jusqu’à trois heures du matin.

Moins de cinq heures plus tard, ils seront de nouveau à leur poste sous le auvent. Et pour gagner du temps sur le démontage, les premiers éléments sont rangés avant même la fin de la course. Il faut dire que le démontage est aussi long que le montage, et que le camion doit être rentré à Toulon dès le lundi matin pour pouvoir réviser complètement les autos. Car dès mercredi, il devra repartir pour l’Alpe d’Huez. Et c’est comme ça chaque week-end durant deux mois. Alors, chapeau messieurs !




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